Important

Notre équipe continue à assurer le traitement de vos commandes durant cette période de confinement. Nous observons néanmoins des délais de livraison plus longs.

Restez chez vous, prenez soin de vous et des autres !

Blog

Incontinence urinaire : traitement par neuromodulation

Publié le 

L’incontinence urinaire est définie par une perte d’urines survenant de manière involontaire, en dehors de toute miction. Il s’agit d’un problème de santé publique car, même si s’il ne s’agit pas d’une question de survie, cela peut complètement altérer la qualité de vie.

Heureusement, il existe actuellement de nombreux traitements pour les incontinences, mais ceux-ci dépendent essentiellement de leur mécanisme.

Quels sont les différents types d’incontinences urinaires ?

En médecine, on distingue deux types d’incontinences urinaires : celles qui surviennent à l’effort (montée d’escaliers, activité sportive, port de charges lourdes..) et les incontinences par impériosités ou urgenturie. Ces dernières sont moins fréquentes et se manifestent par une impossibilité à contrôler sa vessie lors d’un besoin urgent, avec vidange complète et involontaire de celle-ci en l’espace de quelques secondes.

En général, les pertes d’urines qui surviennent durant un effort ont une origine bien précise et peuvent être corrigées par le traitement de la cause, voire par une chirurgie réparatrice. Par exemple, elles peuvent être dues à une obésité, un traumatisme obstétrical, une grossesse ou une constipation, cédant avec la disparition de ces facteurs.

Cependant, les pertes par impériosités répondent à un mécanisme qui est complètement différent, ce qui nécessite un autre type de traitements. Il s’agit là du muscle vésical qui devient instable et non contrôlable, souvent avec une hyperactivité.

Ainsi, en première intention, un traitement médical peut être instauré et réussit souvent à réduire les pertes urinaires, les molécules utilisées étant des anticholinergiques. Toutefois, lorsque le traitement médicamenteux ne parvient pas à arrêter les pertes d’urines par impériosités, les médecins ont souvent recours à la neuromodulation pour y remédier.

Qu’est-ce que la neuromodulation ?

Il s’agit d’un processus grâce auquel des populations de neurones sont régulées par plusieurs classes de neurotransmetteurs qui composent le système nerveux. Cela permet donc d’agir directement sur la transmission synaptique, afin de contrôler les neurones post-synaptiques et de réguler leur activité.

En médecine, cette technique est utilisée dans plusieurs pathologies. Les médecins y ont recours pour la stimulation des noyaux gris centraux, la stimulation cordonale postérieure, la stimulation du cortex ou du thalamus, mais aussi la stimulation des nerfs périphériques, comme c’est le cas des nerfs qui contrôlent le fonctionnement de la vessie.

Bien entendu, les classes de neurotransmetteurs qui sont utilisés dans chaque situation diffèrent. Il peut donc s’agir de sérotonine, d’histamine, de dopamine, etc.

Néanmoins, au niveau de la vessie, les principaux neurones sont dits cholinergiques car ils sécrètent de l’acétylcholine pour stimuler l’activité du muscle vésical.

Origine de ce traitement dans l’incontinence urinaire

Pour traiter l’incontinence, la première implantation d’un stimulateur électrique a eu lieu en 1981. Il s’agissait initialement d’un essai pour traiter les incontinences anales.

Durant ces essais, de nettes améliorations ont été observées quant à l’état des patients souffrant de troubles de la défécation. Ce n’est donc qu’après plusieurs années d’utilisation que cette technique a été validée dans le traitement des incontinences anales, en 1995.

Par ailleurs, les scientifiques ont ultérieurement découvert que les prouesses de cette méthode ne se limitaient pas aux incontinences anales. En effet, il a été prouvé que ce traitement était également efficace pour soigner les patients qui se plaignent de pertes involontaires d’urines ou de constipation.

De nos jours, les études portant sur l’efficacité de la neuromodulation démontrent que les taux de réussite à moyen et à long terme dépassent les 75 %, aussi bien dans les incontinences anales que dans les incontinences urinaires. Par contre, concernant la constipation, les résultats sont moins bons mais les taux de réussite dépassent quand même les 25 %.

Principe du traitement de l’incontinence par l’électrostimulation

Tout d’abord, il faut savoir que ce traitement est surtout utilisé chez les patients souffrant d’incontinences urinaires par hyperactivité vésicale. Ce n’est d’ailleurs pas le premier traitement utilisé chez ces sujets puisqu’en premier lieu, il est possible d’atténuer ces phénomènes en se limitant au traitement médicamenteux. Ce dernier consiste en l’utilisation d’anticholinergiques qui, comme leur nom l’indique, inhibent l’activité des neurones à acétylcholine, responsables de la stimulation vésicale.

Cependant, dans le cas où le traitement médicamenteux n’est pas efficace, l’électrostimulation doit être indiquée. Celle-ci nécessite une intervention chirurgicale, permettant l’implantation définitive d’un stimulateur électrique.

Pour cela, il est important de procéder à un test thérapeutique  quelques jours avant l’intervention. Celui-ci consiste à stimuler les racines sacrées qui contrôlent l’activité vésicale, afin de moduler les réflexes sphinctériens et vésicaux. Cela se fait en utilisant un pacemaker qui est placé sur la fesse du patient, afin de générer un courant électrique excitateur qui doit être maintenu de façon permanente. Il n’est donc pas question de stimuler directement la vessie du patient, mais plutôt les racines nerveuses qui la contrôlent.

Ce test permettra donc de prédire l’efficacité de l’électrostimulation, qui ne sera réalisée que s’il y a une amélioration d’au moins 50 % des symptômes après cette épreuve.

Bien entendu, puisque l’implantation de ce dispositif se fait sous anesthésie générale, un bilan d’anesthésie doit également être réalisé au préalable. Effectivement, en cas de contre-indication à cette dernière, cette méthode de traitement sera également proscrite. Il en est de même dans le cas où il existe d’autres contre-indications à la neurostimulation, à savoir : une grossesse, des troubles de la coagulation, un prolapsus rectal, une maladie infectieuse développée, des diarrhées fréquentes non traitées, des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, des malformations ano-rectales, ou même certaines maladies neurologiques, telles que la sclérose en plaque.

Il est donc important de vérifier au préalable que le sujet incontinent qui nécessite un traitement par stimulation électrique ne présente aucune contre-indication à cette intervention. Autrement, il faudra penser à un autre moyen thérapeutique, comme l’entérocystoplastie d’agrandissement qui permet d’agrandir la vessie pour augmenter sa capacité.