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L’incontinence à l’effort

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En France, trois millions de femmes environ subissent l’incontinence urinaire, en silence la plupart du temps. Si elle touche principalement les personnes âgées, 12 % des Françaises de plus de 45 ans en souffrent, l’incontinence à l’effort est la plus courante. Elle apparaît durant certains actes de la vie courante : courir, rire, éternuer, tousser. L’incontinence à l’effort touche plus particulièrement les femmes âgées de plus de 65 ans, leur muscle vésical se contractant intempestivement.

Causes

Pression dans la vessie

Quand la vessie augmente de volume en raison d’un effort, elle prend le dessus sur la résistance du sphincter ce qui entraîne une fuite d’urine, en plus ou moins grande quantité.

Un col de l’utérus trop mobile joue également un rôle dans l’incontinence à l’effort. C’est pourquoi ce problème touche les domaines de l’urologie et de la gynécologie.

Circonstances favorisantes

La grossesse est la première cause de l’incontinence. Toutefois, la ménopause constitue la deuxième période de risque, En effet, la modification des tissus utérins et des muqueuses en est la cause.

D’autre part, les infections urinaires, la constipation chronique (qui impacte les muscles pelviens) et les précédents de chirurgie gynécologiques peuvent avoir aussi leur part de responsabilité dans cette affection.

Sujet tabou

Peu de femmes parlent librement de leur incontinence à l’effort à leurs proches, y compris à leur médecin, se contentant de parer aux problèmes en utilisant des serviettes périodiques. Ce silence peut avoir de graves conséquences en enfermant ces femmes dans l’engrenage de la culpabilité, de l’angoisse et, parfois même, de la dépression.

C’est pourquoi il faut en parler pour briser ce tabou. Le corps médical, en premier lieu, doit soulever ce problème et déclencher une discussion. Des questionnaires existent pour cibler le problème et améliorer la prise en charge.

Traitements

La première étape consiste à modifier son mode de vie. La chirurgie arrive en dernière position, lorsque toutes les autres solutions ont échoué.

Modification du mode de vie

Perdre du poids, manger régulièrement, doser son exercice physique et traiter la constipation : ces mesures peuvent déjà apporter un réel soulagement.

Rééducation

La régularité et la motivation sont des conditions capitales à une bonne rééducation. Elle a pour but de muscler le pelvis et d’obtenir un meilleur contrôle du fonctionnement des muscles du périnée.

Diverses méthodes existent :

– bio-feedback : technique de psychophysiologie qui tient compte de l’interaction entre le corps et l’esprit ;

– électro-stimulation : des courants électriques stimulent la contraction des nerfs qui dirigent les muscles du plancher pelvien ;

– exercices musculaires spécifiques : à pratiquer de façon régulière pour le renforcement des muscles du pelvis ;

– thérapie comportementale : vise à préserver et/ou améliorer le contrôle de la miction.

Médecine et chirurgie

Les hormones peuvent être utilisées dans certains cas d’incontinence à l’effort. Diverses techniques chirurgicales existent. Elles sont destinées aux cas plus graves et servent à stabiliser la vessie. Leur taux de réussite est variable.

Des méthodes, plus récentes et peu invasives, sont nées : elles se basent sur la mise en place de bandelettes qui soutiennent l’urètre. Elles sont efficaces à 90 %.