Blog

Syndrome de la queue de cheval et incontinence

Publié le 

L’incontinence est bien plus courante qu’on ne pourrait le penser puisqu’on estime que ce phénomène concerne environ 3 millions de personnes en France, dont 70% sont des femmes. Bien qu’elle touche en majorité les personnes âgées de plus de 55 ans, les jeunes ne sont pas pour autant épargnés. Le vieillissement, l’obésité, l’hérédité ou les infections en sont les causes les plus courantes, mais elle peut aussi être due à un dysfonctionnement physique plus grave tel que le syndrome de la queue de cheval. Mais quel est donc ce syndrome ? Quelles en sont les causes et les différents symptômes ? Comment faire pour le diagnostiquer et le soigner ? Dans cet article, nous vous disons tout !

Qu’est-ce-que le syndrome de la queue de cheval ?

Il s’agit d’un ensemble de troubles qui surviennent dans la partie inférieure du corps, lorsque les nerfs situés en bas de la colonne vertébrale sont compressés. Ce syndrome porte ce nom car les racines nerveuses concernées, qui sont dissimulées sous la moelle épinière et innervent les membres inférieurs et les organes du bassin, ont la forme d’une queue de cheval. Il s’agit d’une urgence médicale absolue et les personnes qui en souffrent doivent être prise en charge le plus rapidement possible afin d’éviter de graves séquelles, dont l’ incontinence urinaire fait partie.

Quelles sont les causes de ce syndrome ?

De nombreux facteurs peuvent être à l’origine de ce syndrome :

  • La hernie discale (cause la plus fréquente) compressant les nerfs qui ne peuvent plus jouer complètement leur rôle.
  • Un hématome épidural provoquant une lombalgie, qui peut faire suite à une anesthésie du rachis ou survenir après une ponction lombaire, par exemple.
  • Un rétrécissement du canal lombaire (appelé sténose), qui renferme les nerfs de la queue de cheval.
  • L’inflammation des disques intervertébraux adjacents ou d’une ou plusieurs vertèbres.
  • Des métastases provenant d’un cancer ou d’une tumeur intradurale, localisées au niveau lombaire, dans le canal rachidien

Quels sont les symptômes qui doivent vous alerter ?

Ce syndrome ce manifeste par la compression des nerfs au niveau des vertèbres lombaires L1 à L5, qui se situent tout en bas de la colonne vertébrale. L’intensité et le type de symptômes qui en découlent dépendent des sujets et peuvent même différer du membre inférieur gauche au membre inférieur droit. Ce syndrome se caractérise par divers troubles :

  • Un syndrome rachidien, c’est à dire de fortes douleurs vertébrales localisées au niveau du bassin et des jambes.
  • Des atteintes neurologiques au niveau des membres inférieurs, pouvant entraîner des sensations d’engourdissements, de fourmillements et de picotements.
  • Des troubles moteurs plus ou moins importants allant de l’incapacité d’étendre une jambe jusqu’à la paralysie totale des deux membres.
  • Une atteinte des sphincters, provocant divers troubles urinaires pouvant aller jusqu’à une incontinence urinaire sévère, une constipation et dans certains cas beaucoup plus rares, une incontinence anale.
  • Des douleurs et des troubles moteurs et sensitifs au niveau de l’appareil génital provoquant des troubles de l’érection et même parfois l’impuissance.

Comment diagnostiquer le syndrome ?

Si vous souffrez d’un ou plusieurs symptômes caractéristiques de ce syndrome, il est impératif de vous rendre le plus vite possible aux urgences. Seul un médecin spécialisé sera à même de pratiquer une série d’analyses et de tests, complétés par un scanner, une radiographie ou une IRM. Ces différents examens permettront de confirmer ou d’infirmer le diagnostic, mais aussi d’identifier les causes pouvant en être à l’origine afin de procéder le plus rapidement possible au traitement le mieux adapté.

Les différents traitements de ce syndrome

Dans la majorité des cas, trois traitements vont être successivement proposés au patient :

  • En premier lieu, le patient va bénéficier d’un traitement à base de corticoïdes, appelé corticothérapie, qui va permettre de soulager ses douleurs.
  • Dans un second temps, le patient va devoir subir une intervention neurochirurgicale, qui va permettre de résorber la compression nerveuse. Cette dernière va consister à extraire la hernie discale ou la tumeur à l’origine du syndrome ou à retirer, par le biais d’une laminectomie, une ou plusieurs des lames vertébrales impactées.
  • Enfin, le patient va se voir prescrire une rééducation fonctionnelle se composant, entre autres, de séances de kinésithérapie, d’ostéopathie, d’acupuncture, etc.

Dans certains cas, plutôt rares, le traitement du syndrome peut ne pas se faire par la chirurgie. Dans ce cas on va proposer au patient :

  • Une chimiothérapie ou une radiothérapie, si le syndrome est provoqué par une tumeur inaccessible.
  • Une antibiothérapie, si le syndrome a pour origine une cause infectieuse.

Il faut toutefois savoir que pour les syndromes aigus, 30 % des patients garderont à vie des séquelles invalidantes au niveau des fonctions sexuelle et sphinctérienne. Cela même si le patient a été pris en charge dans les 6 heures suivant l’apparition des premiers symptômes, et quel que soit le traitement appliqué.

Le syndrome de la queue de cheval touche aussi bien les femmes que les hommes de tous âges. Néanmoins, quand il est causé par une hernie discale, il affecte majoritairement les hommes âgés d’une quarantaine d’années. Bien qu’il soit impossible de prévenir ce syndrome, il est toutefois possible d’intervenir sur sa cause principale, la hernie discale, en adoptant une bonne posture, en optant pour un mode de vie sain, et en essayant de se maintenir à un poids normal.