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Tout savoir sur les injections péri-urétrales pour l’incontinence d’effort

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Incontinence et traitement par injections péri-urétrales

Incontinence et traitement par injections péri-urétrales

 

Incontinence urinaire d’effort : définition

 

Comme son nom l’indique, cette forme particulière d’incontinence se présente sous la forme de fuites involontaires d’urine lorsque la pression abdominale s’intensifie suite à un effort physique, par exemple lorsque l’on porte des charges lourdes, que l’on rit, que l’on tousse ou éternue. Il s’agit du type d’incontinence le plus répandu de manière générale et il touche particulièrement les femmes. En effet, 20 à 30% de femmes en souffrent après un accouchement. Chez l’homme, elle se manifeste surtout après une opération suite à un cancer de la prostate ou de la vessie. Physiologiquement, ce sont le sphincter de la vessie ou les muscles périnéaux qui ne remplissent plus leurs rôles respectifs. Normalement, le sphincter contrôle l’ouverture et la fermeture de la vessie et donc le passage de l’urine. En cas de dysfonctionnement, l’incontinence d’effort se manifeste par des pertes urinaires en petite quantité mais irrépressibles pendant l’effort. Hormis la grossesse et l’accouchement, d’autres causes peuvent être à l’origine de cette incontinence urinaire : les changements hormonaux dus à la ménopause, la constipation, des activités sportives et professionnelles sollicitant la zone périnéale de manière intensive et/ou prolongée, l’obésité, les bronchites chroniques et certains médicaments.

Incontinence et injections péri-urétrales : un traitement idéal ?

 

– Description du système urinaire : pour bien comprendre comment agissent ces injections dans l’organisme, il est nécessaire de rappeler quelques éléments de base de l’appareil urinaire. L’urine s’écoule de la vessie par un tuyau appelé urètre pour s’évacuer par l’orifice urinaire. Comme nous l’avons expliqué ci-dessus, le sphincter est un muscle qui entoure l’urètre et qui normalement permet de contenir les urines.

– Fonctionnement des injections péri-urétrales : celles-ci vont justement resserrer le canal de l’urètre par compression. Cette technique a débuté dans les années 1960, la chirurgie par bandelettes sous-urétrales n’étant pas totalement satisfaisante en terme de réussite et est aujourd’hui de plus en plus utilisée. Plus précisément, le produit est directement injecté dans la paroi du canal de l’urètre afin de l’épaissir, ce qui crée un gonflement, d’en réduire ainsi le diamètre et donc d’améliorer sa capacité de fermeture. De cette manière, le patient récupère sa continence. L’intervention se fait en hospitalisation ambulatoire et sous anesthésie locale. Elle dure environ une quinzaine de minutes. Grâce à un gel anesthésiant qui va insensibiliser le canal urétral, une sonde urinaire et un cytoscope sont introduits dans ce canal afin de pouvoir visualiser l’urètre puis le chirurgien procède à l’injection proprement dite jusqu’à l’obturation de l’urètre. Il s’agit donc d’une technique peu invasive et qui promet au patient des résultats immédiats. Celui-ci pourra quitter l’hôpital une fois qu’il aura uriné et que l’échographie post-opératoire sera jugée satisfaisante. Des antibiotiques lui seront prescrits pour éviter toute infection urinaire. Le chirurgien pourra également lui conseiller des séances de rééducation périnéale afin de renforcer le bénéfice de l’injection et de tonifier la zone périnéale. Des effets secondaires indésirables peuvent survenir pendant quelques semaines après l’opération tels que des saignements ou bien une rétention urinaire.

Actuellement, le produit le plus fréquemment employé pour ce type de traitement est à base d’acide hyaluronique. Néanmoins, il est impératif de se faire préciser par son chirurgien quel matériau il utilise pour ses injections car il en existe plusieurs et tous ne se valent pas en termes de résultats et de risques post-opératoires. En voici une liste non exhaustive : micro-sphère de silicone, graisse, collagène, gènes composites, macroplastique. L’inconvénient majeur, comme dans de nombreux traitements utilisant ce type de produits, réside dans la « durée de vie » du matériau employé. En effet, si le produit est naturel, comme la graisse ou le collagène, il a tendance à se résorber dans le temps et à perdre de son efficacité, ce qui contraint le patient à renouveler les injections. Dans le cas d’un produit synthétique, la difficulté figure dans les risques secondaires et la capacité de l’organisme à ne pas rejeter le produit en question. Le patient doit avoir conscience qu’il existe un réel danger de complications dans certains cas. D’autre part, ce traitement n’est pas remboursé à l’heure actuelle par la Sécurité Sociale. A titre indicatif, un gramme de macroplastique par exemple coûte plus de 1000 euros.

Pour conclure, on peut dire que ces approches thérapeutiques sont en plein essor. Elles représentent une solution de traitement recommandables pour les personnes souffrant d’une forme sévère d’incontinence d’effort et qui les handicape dans leur vie quotidienne. Toutefois, la recherche dans ce domaine permettra d’affiner l’efficacité des produits et d’améliorer encore les taux de guérison dans l’avenir.