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Dermite et incontinence

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Qu’est-ce qu’une dermite ?

Cette maladie est une complication des problèmes d’incontinence urinaire et/ou fécale rencontrés chez certaines personnes âgées, affaiblies ou alitées. C’est la raison pour laquelle on l’appelle Dermite Associée à l’Incontinence (DAI).

C’est une affection cutanée résultant de l’humidité provoquée par un contact prolongé entre la peau située dans la zone du périnée, et les matières urinaires ou fécales stagnant dans cette région du corps.

Elle se traduit par une inflammation de la couche supérieure de la peau, rendant celle-ci douloureuse aux endroits contaminés et occasionnant également des douleurs, des démangeaisons et des brûlures.

Elle rend aussi l’épiderme plus sensible aux frottements, aux pressions exercées par les appuis liés aux positions assises ou couchées, mais aussi aux variations de température et au contact de certains produits lavants.

Les personnes âgées, fragilisées par la maladie, la dépendance ou la démence sont particulièrement touchées, ainsi que celles en réanimation.

À quoi la DAI est-elle due ?

Cette maladie de la peau apparaît suite à une réaction entre les matières organiques générées par l’émission incontrôlée d’urines ou de selles et l’épiderme. Leur stagnation dans la zone du périnée et des organes génitaux, zone déjà propice à l’humidité, entraîne un phénomène de macération très agressive pour la peau.

Ceci est dû notamment aux composés organiques contenus dans les matières fécales et l’urée présente dans les urines. Ces matières attaquent et perturbent la barrière protectrice de la peau. De ce fait, elles ne lui permettent plus d’être correctement hydratée, entraînent l’inflammation des tissus, favorisent les infections et accentuent les irritations liées aux frottements.

Les risques d’apparition de la maladie peuvent être accrus en cas de prise de certains médicaments. C’est notamment le cas avec les corticoïdes et certains traitements antibiotiques ou immunosuppresseurs. Ceux-ci fragilisent la peau et la rendent plus vulnérable à ce type d’affection dermatologique.

Quelles sont les conséquences de cette pathologie ?

Une DAI entraîne l’apparition d’érythèmes, avec ou sans érosion, pouvant aller jusqu’à la détérioration de la peau dans la zone des organes génitaux, des fesses et/ou des cuisses. Ces lésions entraînent inévitablement des douleurs, des sensations de démangeaisons et de brûlures, altérant considérablement la vie des personnes qui en sont atteintes.

Par voie de cause à effets, cette maladie peut aussi nuire à la qualité du sommeil et aggraver la situation de dépendance des personnes âgées. Ceci est sans compter les effets sur le moral et l’estime de soi, et la qualité de vie des patients touchés en général.

Si elle n’est pas prise en charge rapidement, cette affection peut s’avérer dangereuse pour la peau. Les risques d’érythème sont plus importants en cas de contact répété avec des selles, dont les enzymes digestives attaquent plus sévèrement la peau.

Comment prévenir la maladie ?

L’hygiène corporelle est primordiale pour éviter le développement d’une DAI. Dans un premier temps, afin d’éviter le contact entre la peau avec les matières fécales et urinaires. Une personne souffrant d’incontinence urinaire ou fécale devrait être lavée immédiatement.

En prévention, pour la toilette des patients concernés, et afin de ne pas agresser la peau, il convient d’utiliser un savon hypoallergénique au pH neutre et de le rincer à l’eau claire. Une crème apaisante et protectrice pourra ensuite être appliquée sur la zone sensible.

Des protections adaptées au volume des fuites et à la corpulence du patient sont aussi essentielles pour limiter les irritations.

Mobiliser les personnes pour varier les points d’appui et éviter des pressions prolongées aux mêmes endroits du corps est également un plus.

Enfin, il convient de limiter au maximum le développement de l’humidité dans cette zone du corps : en éliminant son apparition avec un linge doux après la toilette, en cas d’incontinence ou de transpiration. Ceci évitera la prolifération de bactéries.

Quels sont les traitements possibles ?

Si cette pathologie est installée, un avis médical est bien sûr recommandé. Une DAI devra être traitée localement pour soulager les douleurs du patient et réduire l’altération de la peau.

Le plus souvent, une crème cicatrisante pourra être prescrite et appliquée sur la peau lésée, ainsi que des pansements, si la peau est trop altérée.

Selon les cas et les personnes, un traitement médicamenteux comme un régulateur d’activité vésicale, une rééducation périnéale, voire une chirurgie, pourront être proposés pour tenter de réduire les problèmes d’incontinence urinaire et fécale.

Quels sont les risques de complication d’une DAI ?

Une DAI non prise en charge ou de manière insuffisante peut entraîner de graves complications. Elle peut par exemple favoriser l’apparition d’escarres, qui sont des lésions cutanées d’autant plus graves, plus ou moins profondes, mais douloureuses pour le patient.

Elle peut également favoriser l’apparition de mycoses.